Emmanuelle Beauchamp
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Enquête · 19 août 2026

La CAQ : le nationalisme du communiqué, les fiascos de la facture

SAAQclic, troisième lien, Northvolt, Santé Québec, temporaires hors contrôle, Espaces bleus. Élus pour reprendre le Québec. Ils ont repris la parole — et perdu le contrôle.

François Legault a été élu pour que le Québec se tienne debout. Moins d’Ottawa, moins de naïveté, plus de fierté. Sur le papier, c’était notre phrase. Dans les faits, la CAQ a souvent été un nationalisme de communiqué et une administration de fiascos.

Je ne suis le parti de personne. Je suis le parti du réel.

SAAQclic

Le « virage numérique » de la Société de l’assurance automobile. Promis comme une modernisation. Livré comme une humiliation : site hors service, files, dépassements, ministres qui découvrent la facture après coup. En 2025, Legault lui-même écrit le mot fiasco et ordonne une enquête publique. Quand le premier ministre nomme son propre désastre, ce n’est plus de l’opposition : c’est le bilan.

Le troisième lien

Des années à le brandir. Une rive sud entière à y croire. Puis l’enterrement. Un peuple peut pardonner un refus. Il pardonne mal qu’on lui ait vendu un pont pour gagner une élection.

Northvolt

Des milliards publics pour une usine de batteries, totem de la « transition ». L’entreprise chavire. Québec reste avec un trou, une facture, et le même discours vert. Socialiser les pertes, privatiser les communiqués.

Santé Québec

On a empilé une mégastructure sur un réseau déjà à bout. Les urgences n’ont pas besoin d’un nouvel acronyme. Elles ont besoin de lits, d’infirmières et d’un gouvernement qui arrête de croire que l’organigramme soigne.

La vanne qu’ils n’ont pas fermée

La CAQ avait un mandat clair sur l’immigration. Elle a parlé des seuils permanents. Elle a laissé exploser les temporaires — étudiants, travailleurs, demandeurs. Ce sont eux qui changent une école de rang, un HLM, une salle d’attente. Promettre le contrôle et livrer le trop-plein, c’est trahir plus sûrement qu’un fédéraliste sincère.

Espaces bleus, études, gaspillages

Des maisons de la culture fantômes. Des programmes avortés. Des millions en consultants. Pendant ce temps, Carillon tombe en friche et les classes manquent d’enseignants. Un gouvernement nationaliste qui néglige la mémoire n’est nationaliste que le 24 juin.

Ce qu’il reste à exiger

Pas un autre parti-messie. Un Québec qui légifère pour de vrai : frontières, langue, école, hôpital, parole. La CAQ a montré la limite du provincialisme : on peut parler nation et rester un bureau régional d’Ottawa.

Le drapeau sur le pupitre ne suffit plus. Il nous faut le pays.

Ramenons le gros bon sens.