Archives · 19 août 2026
L’Europe a déjà vécu ce que Ottawa prépare pour nous
Ceuta, les Champs-Élysées, Cologne, les prières de rue, l’excision. Ce n’est pas « ailleurs ». C’est le chapitre suivant, si le Québec reste une province.

On me dit souvent : « ce n’est pas ici ». On le dit à Drummondville. On le disait à Cologne en 2014. On le disait à Paris avant les tournantes, avant le Bataclan, avant que les Champs-Élysées ne brûlent pour un match.
L’Europe n’est pas un autre monde. C’est le laboratoire. Ottawa copie les mêmes recettes — vanne migratoire, tabou, criminalisation de la parole — avec dix ou quinze ans de retard. Le retard n’est pas une immunité. C’est un délai.
J’ouvre donc une banque. Photos d’agence. Vidéos de terrain. Dossiers publics. Pas une galerie de visages inventés. Une mosaïque du réel.
Ceuta : la frontière qui cède en une nuit
Les 30 et 31 juillet 2026, entre 50 000 et 60 000 personnes — très majoritairement de jeunes hommes marocains — ont forcé l’enclave espagnole de Ceuta. Pedro Sánchez a parlé de « violation de l’intégrité territoriale ». Au moins 67 morts. Plus de 48 000 renvoyés au Maroc dès le lendemain.
On a vu le grillage, les drapeaux, la mer, les vedettes. On a vu qu’une frontière européenne peut tomber en quarante-huit heures si assez d’hommes décident qu’elle n’existe plus. Ce n’est pas une file humanitaire. C’est une percée.
Le Québec n’a pas de grillage sur un détroit. Il a Roxham, des aéroports, des permis temporaires, un fédéral qui compte les arrivées et refuse le tableau croisé des crimes. La méthode change. Le rapport de force, non.
Frontières · Ceuta, enclave espagnole · 30–31 juillet 2026
Ceuta, 30–31 juillet 2026 : la percée
Assaut de l’enclave. Jeunes hommes, barrière, mer. Entre 50 000 et 60 000 passages en 48 heures. Pedro Sánchez a parlé de « violation de l’intégrité territoriale ». Ce n’est pas une file humanitaire.
Montage de photogrammes d’agence (18 s). Le rush original d’environ 3 min n’a pas tenu ici — trop lourd. Les faits, eux, tiennent : 50 000 à 60 000 passages, au moins 67 morts, environ 48 300 retours vers le Maroc. Reuters, Guardian, Euronews, 31 juillet – 1er août 2026.
Paris : un match, puis la casse
Le 30 mai 2026, le PSG gagne la Ligue des champions. La nuit suivante : un mort, 219 blessés, 780 à 890 interpellations. Fourgons en feu. Champs-Élysées dans la fumée. Une quinzaine de villes. On a dit « célébration ». Les images disent une rue que l’État ne tient plus dès qu’une foule s’y reconnaît.
Ce n’est pas le football. C’est le prétexte. La même carte s’était déjà allumée en 2023, après Nanterre : écoles, mairies, voitures, plus de 3 000 interpellations. Un peuple qui brûle le pays qui le loge n’est pas en train de s’intégrer. Il est en train de prendre.
Cologne, Rotherham, les tournantes
La nuit du 31 décembre 2015, sur le parvis de la cathédrale de Cologne, environ 1 200 femmes ont signalé vols et agressions sexuelles. Les suspects identifiés étaient très majoritairement d’Afrique du Nord. La police a minimisé. Le pays a ensuite découvert le mensonge.
En Angleterre, le rapport Jay (2014) a établi qu’environ 1 400 enfants avaient été exploités à Rotherham — réseaux très majoritairement d’origine pakistanaise, autorités paralysées par la peur du mot « raciste ». Rochdale, Telford, les mêmes schémas, des condamnations tardives. En France, on a un mot pour les viols collectifs de banlieue : les tournantes. Samira Bellil l’a écrit en 2002. On a préféré parler d’autre chose.
Je n’illustre pas ces crimes. Je refuse les reconstitutions et les mugshots fabriqués. Je nomme les enquêtes, les chiffres, les jugements. Une mosaïque de visages inventés serait un faux. Les États ont déjà écrit ces dossiers. Ils les ont trop souvent refermés.
La rue comme mosquée
Clichy-la-Garenne a vécu des années de prières bloquant la chaussée. Trafalgar Square a montré la même occupation au cœur de Londres, des centaines d’hommes prosternés devant la National Gallery. Quand une religion prend la rue, elle ne demande plus une salle. Elle marque le territoire.
On nous dit que c’est de la piété. Un peuple qui cède sa rue cède la suite : l’école, le menu, le vestiaire, la loi.
L’excision : méfiez-vous de l’affiche, pas du chiffre
Excision · Mali / réseaux · août 2026
Mali : la campagne virale « Oui à l’excision »
Reportage sur les affiches « Oui à l’excision » qui ont circulé en août 2026. Les visuels ont les marques d’images générées : ce n’est pas un décret malien authentifié. L’excision, elle, n’est pas une invention.
89 % des Maliennes de 15 à 49 ans ont subi une mutilation sexuelle féminine (UNICEF / ONU Femmes). Les affiches de cette vidéo sont des images virales, non une campagne d’État prouvée.
En août 2026, des affiches « Oui à l’excision » ont tourné comme une campagne d’hommes maliens. Les visuels ont les marques d’images générées. Je ne les présente pas comme un décret de Bamako.
Le fond, lui, n’est pas généré. 89 % des Maliennes de 15 à 49 ans ont subi une mutilation sexuelle féminine (UNICEF / ONU Femmes). Cette pratique voyage. Elle n’attend pas un communiqué pour entrer dans une communauté. Le Québec accueille. Il doit savoir ce qu’il accueille.
Pourquoi cette banque
Parce que les rédactions séparent. Une émeute ici. Un viol là. Une prière ailleurs. Une statistique dans un PDF. Mis bout à bout, ce n’est plus du bruit : c’est une méthode. Invasion, occupation de l’espace, impunité sexuelle, terreur ponctuelle, tabou. Puis l’habitude.
Le Québec n’est pas immunisé. Il est en retard d’un chapitre. Ottawa accélère le rattrapage : temporaires par millions, parole criminalisée, frontières de papier.
Un Québec libre fermerait la vanne et garderait le droit de montrer ces images. Un Québec province continuera de s’entendre dire que ce n’est pas ici — jusqu’au matin où ce le sera.
La mosaïque est là. Les sources sont au bas de chaque tuile. Allez voir.
On ne reconstruira rien en détournant les yeux. L’Europe a déjà filmé la suite.
Ramenons le gros bon sens.

